Jeudi 7 avril 2016

Tuberculose et VIH : quels enjeux pour la sécurité sanitaire mondiale ?

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Quels enjeux pour la sécurité sanitaire mondiale en matière de tuberculose et VIH ? Cette question a réuni mardi 5 avril au Palais Bourbon plusieurs personnalités de haut rang de la lutte contre le VIH/sida. Soutenue par Sidaction et Action Santé Mondiale, cette conférence était à l’initiative de trois députés : Chantal Guittet (Finistère), Secrétaire de la Commission des affaires étrangères, Romain Colas (Essonne), membre de la Commission des finances et Yves Censi (Aveyron), membre de la Commission des affaires sociales. 

Conférence Tuberculose et VIH
  © Anne Susset

VIH, tuberculose et pauvreté

« En matière de VIH, rien n’est gagné, nos responsables politiques doivent le comprendre », a asséné Pierre Bergé dans son discours d’introduction. Le Président de Sidaction a rappelé l’engagement pris par François Hollande en 2013, d’allouer 360 millions d’euros au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. « La France est le deuxième contributeur du Fonds, a-t-il remémoré. (…) Un pays comme le nôtre s’enorgueillirait à abonder un Fonds qui nous permettrait de travailler en paix. » Une position soutenue par Mark Dybul, Directeur du Fonds mondial, également présent autour de la table. 

Dans un premier état des lieux, les personnalités invitées ont évoqué « le cocktail mortel » que forment les deux épidémies. Si elles ont une différence fondamentale – à savoir que l’on peut guérir de la tuberculose, mais toujours pas du VIH -, elles ont en commun d’être des « maladies politiques », touchant des populations particulièrement précaires. Pour Philippe Douste-Blazy, Président d’Unitaid et ancien ministre – notamment de la Santé -, « il est impensable d’imaginer éradiquer ces pandémies dans un monde où deux milliards de personnes vivent avec moins de deux dollars par jour. » Stéphane Troussel, Président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis a confirmé que cette corrélation entre pauvreté et prévalence de tuberculose s’observait au sein de son département. 

 

Financements innovants

Avec quels financements mettre en œuvre la réponse à ces maladies ? Interrogé sur la question, André Vallini a assuré que « les crédits pour l’aide au développement seront là l’année prochaine », soit quatre milliards d’euros. Seulement, cet argent est le fruit de prêts, quand la santé nécessite d’être financée par des dons. A l’instar des autres responsables politiques présents, le Secrétaire d’Etat chargé du développement et de la Francophonie a évoqué l’importance de financements innovants, tels que la taxe de solidarité sur les billets d’avion – mise en place depuis 2005 -, les dons par SMS ou une taxe sur la fraude fiscale. Davantage de fonds, mais aussi une meilleure utilisation des deniers publics est invoquée, notamment dans des pays d’Afrique non-démocratiques où la corruption est importante. Mark Dybul, Directeur du Fonds mondial et André Vallini ont tous deux assuré être « très regardants » en termes de critères d’attribution de fonds à des programmes, comme de contrôle des financements octroyés. 

« Il faut être meilleur pour trouver de l’argent, et meilleur pour le dépenser », a résumé l’ancien ministre Phillipe Douste-Blazy. Le fameux « changement de paradigme » devient plus qu’urgent pour espérer enrayer ces deux pandémies. 

 

Pour poursuivre sur le sujet, RDV jeudi 7 avril à 18H30 à l’auditorium du Monde (80, bd Auguste-Blanqui, Paris 13e) pour le débat « Sida, tuberculose, paludisme : en finir pour de bon »

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