Lundi 2 novembre 2020 tagFrance

Confinement : les travailleur.se.s du sexe, encore une fois les grand.e.s sacrifié.e.s

  • PARTAGEZ SUR
  • twitter
  • facebook
  • linkedin

Depuis l’instauration du confinement, les travailleuses et travailleurs du sexe (TDS) sont une nouvelle fois confrontéEs à l’impossibilité de poursuivre leur travail. Ces restrictions engendrent une précarisation extrême de ces personnes déjà vulnérabiliséEs. Nos associations réclament des mesures de l’Etat dont l’indifférence actuelle met en danger les vies des TDS.

Logos.png

Nos associations reçoivent des témoignages alarmants démontrant la précarisation des conditions de vie des travailleuses et travailleurs du sexe. « Comment vais-je payer mon loyer ? Comment vais-je nourrir mes enfants ? » sont des questions auxquelles nous n’avons pas de réponse, faute de moyens.

Avec la mise en place du confinement, l’ensemble des travailleurs et travailleuses du sexe se retrouvent, comme au printemps dernier, sans ressources. Malgré nos alertes, le gouvernement n’aura rien appris de l’expérience du précédent confinement, pendant lequel nos associations ont dû faire appel à la générosité du public, ayant reçu une fin de non-recevoir à nos demandes de la part de Marlène Schiappa.

Celle-ci avait affirmé qu’il était « très compliqué » d’indemniser les travailleurs et travailleuses du sexe alors qu’une enveloppe de 5 millions d’euros est votée chaque année pour venir en aide à celles et ceux souhaitant cesser leur activité. Ces crédits sont notoirement sous-dépensés à cause de conditions d’obtention arbitraires et abusives pour être en réalité redistribués vers d’autres programmes, comme cela a été révélé dans le rapport parlementaire des sénateurs Bocquet et Bazin. En 2018, seuls 12% de ces crédits, à savoir environ 600.000€  sur les 5 millions, parvenaient aux travailleurs et travailleuses via l’allocation dite AFIS.



Une grande partie des travailleurs et travailleuses du sexe, comme la plupart des travailleurSEs de l’économie informelle n’ont actuellement accès à aucune aide de l’Etat. Elles et ils sont de fait très exposéEs au coronavirus par l’obligation de continuer à travailler et de prendre des risques pour survivre. Pour leur santé, celle de leur entourage et de l’ensemble de la population, l’Etat doit néanmoins urgemment prendre ses responsabilités.


Nous exigeons :

  • Un fonds d’urgence pour compenser la perte de revenu durant le confinement ;
  • Un moratoire sur les amendes, la pénalisation des clients et les arrêtés anti-prostitution ;
  • Un soutien financier aux associations organisant l’aide aux travailleuses et travailleurs du sexe, notamment pour le maintien dans le logement et les colis alimentaires ;
  • La régularisation des travailleurs et travailleuses du sexe sans-papiers sans quoi il est impossible d’accéder au travail dans l’économie formelle.
Lundi 2 novembre 2020 tagFrance
  • PARTAGEZ SUR
  • twitter
  • facebook
  • linkedin
Sur le même sujet
  • Lundi 16 novembre 2020
    Face à la deuxième vague du COVID-19, le gouvernement ne peut pas restreindre l’accès aux soins des personnes étrangères [lire le communiqué]
  • Mardi 5 mai 2020
    Les financements de R&D contre le COVID-19 doivent être conditionnés à l'accessibilité partout et pour tou.te.s aux futurs produits de santé [lire le communiqué]
  • Jeudi 30 avril 2020
    Lettre ouverte au Premier ministre : demande d'un fonds d'urgence pour les travailleur.se.s du sexe [lire le communiqué]
  • Jeudi 19 décembre 2019
    Loi Prostitution de 2016 : 250 travailleurSEs du sexe en France saisissent la Cour européenne des droits de l’homme [lire le communiqué]
  • Mercredi 18 décembre 2019
    61 organisations tirent la sonnette d’alarme sur l'accès aux soins des étranger-es [lire le communiqué]
Voir tous les communiqués